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Enjeux et défis associés aux Grands Lacs

Eau de ballast
L'Organisation maritime internationale (OMI) a adopté en 2004 la Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux et sédiments de ballast afin de prévenir le transfert d’espèces aquatiques envahissantes (EAE). Cet accord vise à créer une réglementation uniforme, étant donné que le transfert d’espèces envahissantes est un phénomène international. Toutefois, plusieurs états américains partageant le littoral des Grands Lacs tentent aujourd'hui d'établir de nouvelles normes qui dépasseraient les limites déjà établies par l'OMI. En 2008, plusieurs états des États-Unis ont proposé de nouvelles normes 100 à 1 000 fois supérieures aux limites suggérées par l'OMI. L’application de ces normes forcerait tout navire à être équipé de systèmes de traitement de l’eau de ballast qui, précisons-le, restent peu nombreux en raison de leur coût et, dans certains cas, d’une efficacité qui reste à démontrer.

Les navires des Grands Lacs emploient de nombreuses pratiques de gestion éprouvées mises au point par la Lake Carrier’s Association et l’Association des armateurs canadiens ainsi que par la Fédération maritime du Canada pour prévenir la dissémination d’EAE établies d’un lac à l’autre. Fait à retenir, les navires des Grands Lacs ne sont pas responsables de l’introduction des nouvelles EAE, étant donné qu’ils demeurent toujours à l’intérieur de l’écosystème des Grands Lacs.

Zone de contrôle des émissions
Depuis 2006, le Canada et les États-Unis travaillent conjointement en vue d’obtenir la désignation d’une zone de contrôle des émissions, ou ECA (emissions control area). En vertu du programme de l’IMO, les navires qui sillonnent des zones connaissant des problèmes de qualité de l’air, désignées zones de contrôle des émissions, seront soumis à des normes plus sévères afin de prévenir, de réduire et de contrôler les émissions des navires. Les normes touchant les ECA permettront à la longue d’obtenir des réductions des oxydes d’azote de l’ordre de 80 %, des émissions de particules de 85 %, et des oxydes de souffre de 95 %, comparativement aux niveaux d’émission actuels. Les transporteurs des Grands Lacs anticipent cependant que ces normes auront d’immenses répercussions sur la viabilité de l'industrie maritime, car la réduction des émissions implique l’utilisation de carburants à plus faible teneur en souffre et de techniques de traitement qui, actuellement, sont trop chères ou non disponibles dans le réseau des Grands Lacs et de la Voie maritime. Autrement dit, le transport maritime est avantageux sur le plan environnemental et un changement de mode ne ferait qu’accroître les émissions dans l’atmosphère, la congestion des routes et l'impact négatif sur la santé. Il faudrait donc envisager une approche globale pour tous les modes de transport afin de prévenir l’imposition d'une solution non durable.

Clean Water Act (NPDES - Vessel General Permit de l’EPA)
En 1972, la CWA (Clean Water Act : loi américaine sur la qualité de l’eau) mettait en œuvre le programme NPDES (National Pollutant Discharge Elimination System : système national d’élimination des rejets de polluants), qui régit les rejets de substances polluantes dans les eaux navigables américaines. Au cours des trois dernières décennies, ces rejets étaient exclus des pouvoirs de réglementation de l’EPA. Toutefois, en 2006, divers groupes environnementaux ont poursuivi l’EPA, arguant que l’exemption accordée aux navires violait la loi, et les tribunaux américains ont jugé que cette exemption devrait être annulée. Conséquemment, tous les navires rejetant des polluants comme sous-produit de leur exploitation normale dans les eaux intérieures américaines ou les trois milles de la mer territoriale américaine devront obtenir un permis pour ces zones au plus tard en 2009. Cette exigence s’applique à environ 28 types d’effluents, notamment l’eau de ballast et l’eau qui s’écoule du pont, et touchera environ 5 000 navires commerciaux.